Groupes de paroles

Groupes de paroles ou de rencontres

Prendre en compte la personne dans sa subjectivité, la rencontrer dans son aptitude à dire « je » est somme toute une affaire récente dans l’histoire de l’humanité. Jusque-là, une « autorité » se chargeait d’instruire l’enfant et plus tard l’adulte, sur la réalité et les comportements à tenir selon les circonstances.

Un des impératifs majeurs était « qu’il ne faut pas s’écouter », aussi les individus se calquaient-ils sur ce que l’on attendait d’eux plutôt qu’ils ne cherchaient à faire des choix personnels. « Être soi » devient un objectif, une priorité légitime portée par une « quête de soi » et un désir de reconnaissance. Chaque personne est vivement encouragée dans sa démarche d’autonomisation. Dans cette incitation à s’occuper de soi comme personne à part entière, l’écoute revient en première ligne au double sens de s’écouter soi-même et de s’écouter mutuellement pour une meilleure communication.
La reconnaissance de chacun, dans une relation de personne à personne, depuis le bébé jusqu’à la personne en fin de vie, relève d’un renversement des priorités : la valeur accordée à la personne en tant qu’être original et digne d’intérêt a pris le pas sur le souci de soumettre l’individu à des principes d’ordre moral et à une autorité externe.

 

L’autorité en défaut

La mise en valeur de la personne, la reconnaissance de ses compétences, l’encouragement à une démarche d’autonomisation fondée sur l’autorité interne de la personne – et la pratique de l’autoréférence -, nouveau modèle de la réalité, font appel à la croissance, au potentiel évolutif, à une recherche de développement et d’actualisation.
Au hit-parade des critères de la qualité relationnelle se retrouvent les attitudes d’écoute, de non-jugement, de compréhension empathique, de respect de la personne, d’authenticité, de non-pouvoir sur l’autre, du droit à s’exprimer, à exister sur les bases de ses propres aspirations…
Devenues « valeurs » de civilisation, ces attitudes font désormais partie de la philosophie humaniste ambiante, en contrepoint de pratiques techniques déshumanisantes et d’impératifs économiques sans âme.

 

 

Retour à l’individu

Que fait la personne pour résoudre ses problèmes et par là même devenir la personne qu’elle souhaite devenir ?
Qu’est-ce qu’elle écoute en elle qui pourrait l’aider à se définir et à s’orienter dans l’existence ?
Comment s’y prend-elle avec elle, sur quoi se « centre-t-elle » ?

Dans ces ateliers d’écoute expérientielle la personne en vient à remettre en question ses schémas/croyances/représentations pour s’ouvrir à de nouvelles perspectives.
Nos ateliers de développement personnel au cœur de l’écoute expérientielle sont également basés sur le principe des « groupes de rencontre » selon Carl. Rogers :
« Dans un groupe de parole ou de « rencontre », le facilitateur peut créer un climat de sécurité dans lequel on voit peu à peu croître la liberté d’expression et diminuer les « défenses ».
Dans un tel climat, chacun des participants exprime généralement les réactions qu’il éprouve à l’égard des autres ou à l’égard de lui même.
Une atmosphère de confiance réciproque se crée à partir de cette liberté que l’on s’accorde mutuellement d’exprimer ses sentiments réels, positifs ou négatifs. Chacun des membres du groupe s’achemine vers une acceptation plus grande de son être total – affectif, intellectuel et physique – tel qu’il est, y compris ses potentialités.
Une fois que les individus sont moins inhibés par la rigidité de leurs défenses, il leur paraît moins menaçant de modifier leurs attitudes personnelles, leur comportement, leurs méthodes professionnelles, leur style de commandement et leurs relations d’autorité.
Grâce à la réduction de leurs défenses, les individus peuvent s’écouter davantage les uns les autres, ils peuvent davantage apprendre les uns des autres.
Il y a de plus en plus de feed-back, c’est à dire d’information-en-retour entre les personnes, de sorte que chacun finit par savoir comment il apparaît aux autres et quelle est sa propre influence au plan des relations interpersonnelles.
Avec cet accroissement de la liberté et cette amélioration de la communication, surgissent de nouvelles idées, de nouveaux concepts, de nouvelles orientations. L’innovation est moins perçue comme une menace, on en vient à la désirer.
Ce qui est ainsi appris dans l’expérience de groupe passe généralement ensuite – au moins pour un temps – dans les relations avec le conjoint, les enfants, les subordonnés, les collègues et même dans les relations avec les supérieurs hiérarchiques. »
Rogers, C. (1970/1973). Les groupes de rencontre. Dunod, Paris.

 

Qu’est-ce qui fait autorité ?

Il ne s’agit pas ici de se conformer à une méthode mais de s’ouvrir au souffle de la vie, qui ne cesse d’inspirer le vivant et de hisser la personne vers des horizons encore insoupçonnés. Au cours de nos ateliers la personne trouve à se repositionner de façon plus adéquate, en fonction d’une évaluation personnelle que le groupe facilite.
L’Approche Centrée sur la Personne et le Focusing font le constat que le processus de changement se met en place dès que la personne est réellement entendue, qu’elle est rejointe dans son cadre de référence et encouragée à se définir par rapport à son lieu d’évaluation interne. A ce moment-là, le changement se produit de son propre fait.
Il n’y a pas à « vouloir » le changement et à s’efforcer de l’atteindre, il s’agit davantage de le laisser s’opérer. Il obéit à une sorte de logique « naturelle » processuelle. Autrement dit, dès que la personne exprime ce qu’elle vit, ce qu’elle pense et expériencie et qu’elle fait l’expérience d’être rejointe, quelque chose se met en route dans le sens du changement qu’elle escompte.

 

 

Se reconnecter au vivant en soi

Au cours de ces ateliers, la personne se connecte aux forces vivent qui l’animent. Souvent, tandis qu’elle est amenée à se différencier et à parler en son propre nom, elle retrouve le sentiment d’être reliée à plus grand qu’elle. La personne n’est pas isolée, elle existe par rapport à l’ensemble des liens qui la relient au monde. Ils sont de tous ordres, physico-chimiques, biologiques, relationnels – familiaux, sociaux et culturels- d’ordre plus subtil encore.
La personne qui participe est totalement liée au monde, qui l’entoure, d’abord parce qu’elle vit dans un contexte et qu’elle vient avec lui, ensuite parce que la dimension profonde et unique de l’être humain rejoint la communauté des hommes et, au-delà, concerne une dimension fondatrice de l’univers.
Plus la personne se révèle à « elle- même » et s’individualise, plus elle retrouve des liens puissants avec le monde. Ce sentiment d’appartenance ne règle pas directement les relations douloureuses et conflictuelles, il permet cependant de se positionner dans une attitude d’ouverture au changement.

 

Finalité et objectifs

Nos ateliers se veulent ouverts à toute personne cherchant des réponses à ses difficultés actuelles qu’elles soient d’ordre personnel, familiale, relationnelle… Le constat au cours de nos 9 ans d’existence est que les personnes qui ont participé à nos ateliers ont pu résoudre ou sont en cours de résolution des problématiques posées par leurs relations intra-familiale et que leurs meilleurs positionnements internes ont permis des réajustements profonds et mieux équilibrés au sein même de leurs familles.

Références bibliographiques :

  • Lamboy, B. (2003). Devenir qui je suis, une autre approche de la personne. Coll. Psychologie, Ed. Desclée de Brouwer, Paris.
  • Rogers, C. (1972/2002). Liberté pour apprendre. Dunod, Paris
  • Rogers, C. (1970/1973). Les groupes de rencontre. Dunod, Paris
  • Rogers, C. Le développement de la personne. Dunod, Paris
  • B. Martino « le bébé est une personne »